A Paris, de jolies filles rodent de toute part. Elles insistent à vouloir se manifester dés que le moral n'y est pas, que cette journée est morose, que vous vous êtes habillées à l'arrache ce matin-là ou que votre mascara a coulé à cause de la pluie. Ces filles-là, vous avez l'impression qu'elles ont une putain de confiance en elle, que malgré le mauvais temps elles rayonnent, que malgré les petits soucis de peau qui nous font hurler tous les matins, elles, elles ont le teint parfait, et malgré les tentations, elles, elles affichent une minceur parfaite. Oui, ces filles-là sont inhumaines, et elles pullulent dans Paris. Devrais-je dire que Paris est la capitale de la beauté fatale ? Non, car malgré cela, certaines filles, un peu moins minces, un peu moins belles et avec quelques défauts en plus, sont parfois très jolies. D'autres, beaucoup moins belles ont même une confiance en elles telle qu'elles ont l'impression que le monde leur appartient, tin tin, tu mens, cache toi. La confiance en soi est un sujet délicat, difficile à résumer et surtout de façon synthétique. Essayons quand même de tirer un bilan très parisien de cette situation par quelques profils :
La mistinguette friquée :
Bonjour, je suis la mistinguette friquée, je n'ai pas encore dix-huit ans mais je m'habille déjà comme une grande. Mes parents habitent chez moi (oui, car ils ne sont là qu'un week-end sur deux donc théoriquement c'est plus chez moi que chez eux), et chez moi c'est le 16ème, le 8ème, le 6ème ou Neuilly et parfois le 4ème. Je suis au collège ou au lycée et j'ai toujours une tonne d'amis qui m'entourent, fringués comme moi, exactement comme moi. Mais nous ne sommes pas des moutons, non, nous affichons notre suprématie. Doudoune Monclerc, bottines façon motarde, slim ou legging, tuniques hors de prix ou haut en cachemire Zadig et Voltaire, sans oublier ma montre trop grande et trop chère, mes bijoux Hello Kitty by Victoria Couture et mes sacs Balenciaga, Gerard Darel ou Louis Vuitton. Question accessoires, j'ai aussi adopté les lunettes Nerd noires ou colorées. Le soir je sors mes mini robes griffées qui laissent entrevoir mes mini cuisses et mes minis bras (sans oublier ma mini poitrine). Mes talons sont signés Prada, Chanel ou Gucci. Ce n'est pas que je veux chopper mais en même temps par manque d'affection, je pourrais faire une pipe à un garçon. Je me maquille pas encore vraiment mais comme je n'ai aucun problème de peau (grâce aux produits Clinique de maman ou de mon âge). Je dédaigne les autres filles vulgaires et pathétiques. Comment peux t-on encore s'habiller chez H&M ou Zara ? Je ne comprends pas les pauvres, ils sont si moches. Bref ma copine Cassandre m'appelle sur mon Blackberry et ma soirée entre potes Facebook va commencer. Je vous laisse. Tchao !
La fillette des rues :
Hey meuf ! Ca va ? Je me présente, je m'appelle pas Henri mais la fillette des rues. Mon trip c'est la street culture, ou la mode hors norme. Si tu me vois avec des leggings rose ne t'inquiètes pas bientôt tu les portera peut-être. Je sors tout droit de WAD, habillée par Nike ou Druks, je suis attentivement tout ce qui se passe sur street-tease.com. Oui la mode est une façon de vivre, comme être écolo et porter des sous-vêtements en coton équitable. J'ai le look négligé que tout le monde aimerait copier, la silhouette parfaite et l'excentricité qu'il faut. Je sors dans le 18ème, 19ème ou 20ème mais j'adore le Marais et le 9ème. Je suis très éclectique et j'aime me prendre pour quelqu'un de tellement exceptionnel, que je rejette le superflue et le superficiel, ouais ! Je traîne plus avec des mecs que des meufs car les mecs tu comprends c'est tellement moins prise de tête, bref je suis cool, relax, open. Et si tu me cherches, tu me trouve sale pétasse embourgeoisée. Grrr!
La modelette :
Salut, je suis la modelette. Mon temple, c'est Paris, les fripes c'est chic, j'adore dénicher, chercher, renifler, les ventes privées, l'inspiration d'ailleurs et d'ici. J'ai tout une panoplie de blog en amis du mien. Je poste chaque jour des conseils, des idées, des bons plans, mes photos, les photos des autres et même parfois mon métier c'est ça : je suis une bloggeuse de mode, je suis trop belle, trop stylée, trop tendance. Tu me copie mais c'est pas grave on est toutes copines car on a la même passion. Mes amies sont journalistes, designeuses, stylistes, photographes ou en école de mode. Je suis la tendance et créer la tendance, je suis ce qu'on appelle une Happy few et ce statut me procure une certaine confiance en moi. J'aime bien donner des conseils et relooker les filles qui malheureusement n'ont pas la chance que j'ai, je suis une très bonne fille au fond même si je te dédaigne si tu me fais un compliment car tu n'as pas besoin de le dire, je le sais déjà. Mais bon, ça fait toujours plaisir.
Et les autres...
J'ai la critique acerbe, certes, et je ne m'en excuserais pas, chacun est ce qu'il est mais certains sont mieux que d'autres. On a parfois l'impression qu'à côté de certaines filles on est inférieure (oui certaines le sont mais...) mais ce n'est qu'une impression car l'impression qu'on a des autres n'est qu'un reflet de l'impression qu'on a sur soi-même. La confiance en soi est quelque chose de bancale. Certaines d'entre nous on peut-être eu une déception, des moqueries dans sa jeunesse, des complexes impossibles à camoufler ou a oublier, une mauvaise image de soi, une fâcheuse envie envers les autres ou une carapace pour cacher tout ça. Et oui parfois on a pas de chance, parfois c'est injuste mais parfois c'est surmontable (ou pas).
Et comme dirait La Redoute : vous n'avez pas fini de jouer avec la mode !